homme fenetre nosophobie

Source de l’article : « Vaincre sa peur de la maladie » par le Psychiatre Michel Lejoyeux.

 

Qu’est-ce qui vous fait le plus peur :

Les microbes de votre billet de 10 euros ou votre mal de tête,
Prendre à pleine main la barre du métro ou votre cœur qui palpite anormalement depuis quelques minutes,
Manger un kebab sauce andalouse ou votre boule dans la gorge ?

Vous pensez être hypocondriaque ? Pas si sûr…

 

1. Définitions

L’amalgame est souvent fait entre ces deux maladies mais il y a une nuance.

Un hypocondriaque pense à tord avoir une maladie très grave. Il est obsédé par sa maladie imaginaire et par les traitements qu’il doit suivre pour la guérir.

Tandis qu’une personne atteinte de nosophobie a une peur bleue de tomber malade. Elle est aussi obsédée par sa santé mais par la prévention uniquement.
Les nosophobes pensent à tord que leur corps est faible et vulnérable et rêvent d’une santé indestructible.

De telles idées fixes modifient totalement les aspects de la vie des malades.
Observons les conséquences de plus près.

2. Les Conséquences de la nosophobie

Comme chez les hypocondriaques, les pensées et les activités des nosophobes sont bouleversées.
Les conséquences d’une peur aussi obsessionnelle sont variées, mais on peut identifier les plus récurrentes, en voici 7 :

  • La peur des environnements « à risques »
    Les nosophobes ont tendance à éviter tous les lieux pouvant « à priori » les contaminer.
    Comme par exemple les toilettes publiques, les hôpitaux, les transports en commun, les magasins, etc.
    Se retrouver dans de tels endroits peuvent déclencher des crises d’angoisses chez les malades.

  • L’excès de prudence
    Conséquence du point précédent, un nosophobe tombe facilement dans l’excès de prudence.
    Chaque événement qui sort de l’ordinaire est un risque potentiel de maladie pour lui. Partir en vacances dans un pays étranger est impensable. De même, il réfléchit à deux fois avant de sortir avec ses amis si il ne connait pas l’endroit ou certaines personnes invitées.

    Il préfère de loin la sécurité de son appartement désinfecté à toutes les sorties et rencontres. Tout le contraire d’une vie trépidante.

  • Les régimes préventifs
    Comme la santé passe aussi par l’alimentation, les nosophobes sont capables de s’infliger des régimes de spartiates.

    La nourriture n’est plus un plaisir. Il faut manger strictement des repas sains aux heures exactes et en quantités mesurées sous peine d’angoisser pour le reste de la journée.

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  • La médecine comme religion
    Le trait le plus commun aux nosophobes et hypocondriaques et certainement la « passion » pour le savoir et informations médicales.
    Ils lisent tout ce qu’ils peuvent sur les maladies qui leur font peur et ils regardent chaque jour des émissions de santé.
    Ils ont aussi une armoire à pharmacie conséquente pour prévenir la moindre maladie.

    C’est un très bon moyen pour distraire leurs peurs. « Plus j’en sais sur les maladies, mieux je saurais les combattre ! »
    Mais en réalité, plus ils en apprennent sur les maladies, plus ils ont de raisons d’avoir peur.

  • Le médecin comme guide
    Face à tous ces risques de maladies – plus ou moins réels – les nosophobes sont désarmés et peuvent devenir complètement dépendants.
    Il ne peuvent plus prendre une décision sans demander l’avis de leur médecin.
    Imaginez-vous devoir demander l’avis de votre médecin sur vos produits ménagers, vos repas, etc ? Et cela sous peine d’avoir la peur au ventre pour les prochaines 48 heures.

  • Les émotions terrassent la logique
    Comme leur peur des maladies est obsessionnelle, évaluer les risques rationnellement est presque impossible.
    On a beau expliquer qu’elle a plus de chance de mourir d’un accident de la route que d’une certaine maladie rare, la peur ne diminuera pas.

  • Superstition et cérémonies farfelues voire dangereuses
    Tous les conseils sont bons pour éloigner les maladies. En plus d’être incollables en médecine, les nosophobes sont souvent superstitieux. Les formules magiques, les amulettes et autres rituels farfelus sont les bienvenus dans leur vie quotidienne.

    Seulement ces rituels sont parfois plus dangereux que salvateurs.
    Une personne atteinte de nosophobie extrême allait jusqu’à prendre des douches d’alcool pur tous les jours pour soulager sa peur des microbes.
    Et pourtant les médecins l’avaient prévenu que cela était dangereux pour sa santé.

Ces modifications de la vie quotidienne des malades sont pénibles voire dramatiques.
Et certains comportements empirent la situation. Voyons ce qu’il ne faut pas faire.

 

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3. Pourquoi les nosophobes ne s’en sortent pas

Si le nosophobe parvenait réellement à se protéger contre toutes les maladies, il serait guéri pense-t-il !
Bien évidemment c’est une illusion, et elle cache une dangereuse fuite en avant.

L’excès de prudence est un moyen de supporter l’angoisse qui fonctionne, mais c’est un piège.
Que vaut la vie quand son unique but est de protéger sa santé ? Quand il faut rester seul et enfermé dans un environnement aseptisé à manger sans plaisir ?

La nosophobie et l’hypocondrie sont des maladies dues à la peur. Une peur immense, complètement irrationnelle.
Et quand on ne comprend pas ces maladies, on a tendance à combattre l’objet de la peur plutôt que la peur elle même.

Par exemple, plutôt que de relativiser leur peur de mourir, ils évitent le problème en cherchant comment se soigner.
Voila pourquoi ces comportements empêchent de guérir. Les malades ne concentrent pas leurs efforts au bon endroit.

 

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4. Conclusion – Comment guérir

Rechercher uniquement la santé ne permet pas d’être heureux. Elle est un moyen pour atteindre ses objectifs de vie, pas un but.
Avez-vous pris le temps de vous demander vraiment ce que vous voulez faire pour être heureux ?
Vous donnez-vous les moyens d’y arriver ?

Les causes de la nosophobie et de l’hypocondrie sont propres à chaque personne, chacun a son histoire.
Ces maladies sont des paravents qui cachent des traumatismes ou des vérités difficiles. Prenez-courage, regardez les choses en face et apprenez à lâcher prise si c’est nécessaire.
Tout le monde peux en guérir. Continuez votre apprentissage sur ces maladies et sur vous-même.

Ayez confiance et prenez soin de vous.